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7 courtes pièces de
7 auteurs différents :
Frédéric Sabrou,
Roland Dubillard,
Karl Valentin,
Jean Michel Ribes,
Michel Azama,
Yoland Simon et Lucien Lambert |
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mise en scène
Bob VILLETTE |
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avec
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Catherine
CAZORLA, Nathalie CAPELLE ou
Agnès DEWITTE,
Pierre PHILIPPE
et Bob
VILLETTE |
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spectacle créé en octobre
2008
- Espace Aragon - OISSEL |
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L’écriture
contemporaine est friande actuellement de formes courtes, tableaux,
scénettes, voire sketches (ainsi les intitule Frédéric Sabrou),
répondant ainsi sans doute à une capacité de concentration courte de la
part des spectateurs, dans une société chronométrée, basée sur le
zapping et le rendement.
Déjà explorée en 1997, l’expérience d’un
itinéraire à travers divers textes d’auteurs contemporains a priori sans
rapport les uns avec les autres, avait provoqué un engouement du public.
Des publics devrions nous dire : le public « habitué des théâtres » et
l’autre, celui qui vient pour la 1ère fois, le découvreur. A
travers des scénettes, des tableaux, enchaînés les uns après les autres,
le spectateur dit son plaisir à passer de l’un à l’autre, de laisser ce
qui ne lui plaît pas pour passer au suivant plus à son goût. Peut-être
croit-il zapper. Mais l’assemblage est pensé. Le spectateur est là,
assis dans on fauteuil, et de ce qu’il croit « zapper », il restera
toujours quelque chose, un quelque chose qui rejaillira sur le tableau
suivant. Ainsi l’équipe artistique mène-t-elle en douceur le spectateur
vers une réflexion.
Car d’assemblage il y en a un, simple et
efficace. Tous ces auteurs ont couché sur le papier leurs réflexions
quant au théâtre. Réflexions acerbes, réflexions pertinentes, réflexions
souvent drôles. Car l’auteur sait rire de lui-même et de ceux qui,
après lui, triturent son écriture.
Place au théâtre, donc, vu par des gens de
théâtre, tel que les dessinait Daumier dans un autre siècle.
Nous sommes au XXIième siècle, le théâtre
existe encore, contre vents et marées, contre toute technologie
phagocytante, il rit de lui-même, il est jeune, il est moderne.
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“D’ici l’on voit”
par la
Comédie Errante
D’ici l’on
voit... le théâtre!
Ce pourrait être le titre intégral de la nouvelle création de
“La Comédie Errante”.
En réalité que voit-on vraiment d’un spectacle?
Ce qu’on veut qu’il soit en fonction de l’humeur dans laquelle
on se trouve au moment de le voir, donc jamais tout à fait le
même, ou tel que nous l’impose la vision du metteur en scène?
Dans l’un et l’autre cas, le spectateur est seul face aux
réactions que lui procure un acte fabriqué collectivement et
reçu comme un message personnel qu’il lui appartient de
décrypter.
Tout dépend de l’endroit où l’on se place et d’une certaine
manière Bob Villette dans les textes qu’il présente et met en
scène, laisse à chacun la faculté de rire ou de pleurer à son
goût et à son rythme.
En l’occurence, le rire l’emporte sur les larmes encore que dans
la galerie de personnages qu’il fait défiler, on découvre
combien derrière l’extravagance et l’excès, le pathétique n’est
jamais bien loin.
Les choix de Villette qui vont de Karl Valentin à Dubillard en
passant par Yoland Simon - qui est un peu l’auteur-maison - à
Jean-Michel Ribes, Frédéric Sabrou, Machel Azama et Lucien
Lambert, ne sont pas anodins.
Dans un espace scénique très dépouillé mais intelligemment
meublé par quelques éléments mobiles, il présente une succession
de situations dans lesquelles les metteurs en scène, les
actrices, les auteurs, tous confondus dans une même satire, en
prennent joyeusement pour leur grade.
Ce n’est pas
vraiment méchant mais ce n’est pas non plus très gentil. En
réalité, même dans l’outrance, c’est surtout très juste. D’ici
où il est - c’est à dire de la salle - le spectateur a
l’impression de surprendre quelques unes des motivations qui
animent ces “animaux mystérieux” que sont les comédiens.
Les angoisses, les rivalités dérisoires et les haines farouches,
le nombrilisme des uns et les exigences des autres forment un
tout qui débouche au bout du compte sur un spectacle du haut
duquel - c’est à dire de la scène - le comédien regarde à son
tour évoluer cette bizarre entité venue pour le voir et
éventuellement l’applaudir.
En l’occurence l’équipe de “La Comédie errante” n’a pas de souci
à se faire. Catherine Cazorla, Nathalie Capelle, Pierre Philippe
et Bob Villette mènent la danse avec un dynamisme très
convaincant et nous font passer une excellente soirée.
D’ici ou d’ailleurs, chacun voit le théâtre à sa porte et c’est
lui une fois de plus qui est le grand gagnant dans ce jeu de
miroirs qui permet aux spectateurs de passer, comme Alice, de la
réalité au rêve juste en le traversant.
François VICAIRE |
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Le
Journal d’Elbeuf
CLEON –
« D’ici l’on voit »
le concept théâtral
Le théâtre dans tous ses états
Depuis tant d'années
que Bob
Villette est dans le monde du théâtre, et parce que la Comédie Errante,
qu’il a créée, a fêté récemment
ses vingt -cinq ans, il
fallait bien qu’un
jour, il se pose la question du pourquoi, du comment. C’est
donc un travail de réflexion
qu'il offre à son public, au
travers sept courtes pièces
d'auteurs contemporains.
S'il reste une image à retenir du
théâtre de Bob Villette, c'est bien
le
rire, un rire sain, intelligent,
subtil, qui sort des sentiers battus.
Sa dernière création, intitulée
« D'ici
l’on voit » en est complètement empreinte. Elle utilise des
textes de Roland Dubillard et
Jean-Michel Ribes, les plus
connus, mais également d'autres
auteurs drolatiques, voire même
parfois pamphlétaires.
Honneur au maître, c'est Bob
Villette lui-même qui ouvre le bal,
concernant la nocivité du théâtre.
« Le
théâtre est nocif parce que les
spectateurs ne viennent pas. On devrait
instituer le théâtre obligatoire,
ce qui
économiserait les frais de
publicité » énonce le metteur
en scène, reprenant le texte de
Karl Valentin, un « ancêtre »,
de
l'absurde, puisque disparu en
1948. De même, une saynète à
propos du Cid, de Corneille, revisitée
par Yoland Simon, ne manque
pas de faire sourire, au travers
de ses « litotes et euphémismes ».
Le
monteur de pièces auquel sa
secrétaire
propose des photos, et qui répond : « Non,
je ne suis pas pédé… bon,
donnez-moi quand même les photos », ou
bien qui a
horreur des poèmes, le réalisateur
qui se plaint de se voir imposer
sa femme,
« mauvaise
comme un cochon »
-
dit-il, autant de situations
drolatiques, qui le disputent
à
ces deux actrices débutantes,
qui se critiquent à tour de bras,
chacune dans son coin, et tombent
dans les bras à
la fin. L'imagination
des metteurs en scène ne
connaît plus de limites, où
l'on découvre Molière
et
Racine, enfin
réunis, joués dans des camps de
concentration, avec des acteurs
affamés, et un Bourgeois
gentilhomme qui se ferait
violer. Quand à Jean-Claude,
qui a haï une soirée mondaine,
il ne
parviendra jamais à dire bravo à une
belle sœur qu’il déteste, et qui se prend pour
le
nombril du monde sur scène.
« Sa
première de Phèdre » s'indigne
t-il, auprès de sa femme,
« mais rappelle toi, elle nous l’a déjà faite, il y a vingt ans ,
lors de notre
mariage », et de voir au final
les deux sœurs, on ne peut
plus égocentriques.
C'est tout cela, la force des quatre
acteurs, dont le metteur en
scène, pour sept pièces ou saynètes
qui
ont eu l’heur de plaire au
public, comme
l'ont montré, à
plusieurs reprises, les applaudissements,
et les nombreux rappels, en fin de soirée. Ce fut donc une
belle soirée, qui n’
a peut-être pas
remis les pendules à
l'heure,
mais
aura fait, du moins, découvrir au
public, venu en grand nombre,
quelques aspects méconnus de
ce milieu théâtral impitoyable, dans
certaines sphères. Ce ne semble
pas être le cas pour Bob
Villette et son équipe, qui s'en sortent à leur
avantage, et c’est tant mieux pour le
public comme pour eux.
Le
Journal d’Elbeuf
Mardi 21 octobre 2008
THEATRE
Oissel Hebdo
septembre 2008
D’ICI
L’ON VOIT
Sept
auteurs, sept pièces, petites, pour un sujet : le théâtre, pour un
spectacle : D'ici l'on voit, pour une compagnie : La Comédie
Errante. Sept pièces où l'humour vitriolé sera omni présent. Textes
acides donc, choisis et mis en scène par Bob Villette, qui
retracent diverses facettes du théâtre. Oui mais quel théâtre ?
Tout le théâtre, avec toutes ses diversités, ses origines, ses
richesses d'auteurs, qui ici ont choisi d'écrire sur... le théâtre.
Michel Azama explique la situation d'un directeur d'une structure
culturelle et metteur en scène qui cherche la perle rare : un nouvel
auteur. Jean-Michel Ribes parle d'un couple de spectateur qui attend
à la sortie des artistes la comédienne vedette, soeur de la femme,
pour l'encenser, alors que lui, le mari, s'est ennuyé à en mourir, à
s'endormir. Frédéric Sabrou nous conte l'histoire d'une metteure en
scène, un peu (beaucoup) déjantée qui auditionne un candidat.
Yoland Simon, nous parle du langage : Vas, je ne te hais point
lalalalère, la musique des mots lalalère des mots comme des sons ou
des sons en forme de mots lala. Karl Valentin, lui, veut rendre le
théâtre obligatoire. Cela permettra de toujours remplir les salles
et nous n'aurions plus l'embarras du choix puisqu'il ne faudra plus
choisir mais tout voir, c'est obligatoire, même si vous n'aimiez
pas le théâtre, comme un enfant qui va à l'école, on ne lui demande
pas d'aimer puisque
de toute façon il
ira... obligatoire,
espère Karl Valentin.
Lucien
Lambert,
l'auteur dont personne
ne se souvient,
celui qui aurait pu
s'appeler
Gérard, Henri ou
Ferdinand, même
son éditeur ne
se rappelle
plus de lui, a choisi
de mettre en
situation deux
comédiennes qui
se démolissent
copieusement
avant d'auditionner.
Deux vraies langues de...
Deux comédiennes aux antipodes
l'une de l'autre. L'une travailleuse,
besogneuse, l'autre, naturelle,
spontanée. Et pour finir Roland Dubillard qui lui ne se
souvient plus quelle belle pièce
il a vu, enfin une pièce
de théâtre, belle mais il
ne sait plus où, dans quel
théâtre, mais c'était beau,
avec de beaux vers, tellement
beau, mais où, de qui,
avec qui, pour qui
? Ah la mémoire...
Sept pièces pour
rire et sourire.
D'ici l'on voit
mise en scène de
Bob Villette,
avec Nathalie
Capelle, Catherine Cazorla,
Pierre Philippe et Bob Villette.
Oissel Hebdo
septembre 2008
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