ETRE c'est du boulot

9  courtes pièces de

    5 auteurs différents :

 

 

Gilles BOULAN,

 

J.Jacques DEVAUX,

 

Harold PINTER,

 

Frédéric Sabrou,

 

Mathieu VERVISCH

 

                               mise en scène      Bob VILLETTE

                                      avec : 

Catherine  CAZORLA,   Pierre PHILIPPE,

Sophie ROUSSEL  et  Bob  VILLETTE                              

spectacle créé  en  octobre 2009           

- Espace Aragon - OISSEL

Il est loin ce temps où Zola peignait dans « Germinal », un quotidien prolétaire à la fois sanctifié et maudit. L’ouvrier, cette espèce en voie de disparition, laissera peut-être derrière elle, à l’image des grands rampants,  l’énigme de son extinction, tant les générations présentes et futures, par réflexe de survie sans doute, ont et auront besoin d’oublier.

A l’heure d’une magistrale crise économique qui n’en est qu’à ses premiers balbutiements,  les licenciements massifs des usines rythment le quotidien comme les vagues se fracassant contre les falaises dans un bruit assourdissant et disparaissent comme si elles n’avaient jamais existé, pour ne plus laisser derrière elles qu’un silence mortel et sourd.

Le Travail se refait une jeunesse, un lifting, une cure, à coup de CDD, de chômage technique, de temps partiel, ou d’heures supplémentaires, de RTT, de récupération, ou de formation, de réorientation, de requalification. Les rites, les codes, les lois, régissent le travail avec complexité, rapacité, implacabilité.

L’agonie du prolétaire, annoncée dès les années 60, se termine. Avec elle la syndicalisation disparaît, au profit d’une société individualiste. Ainsi, le travailleur est-il plus isolé, soumis de plein fouet à la précarisation, l’interchangeabilité, l’absence de solidarité et, qui plus est, soumis aux aléas d’une technologie, qui, loin de le libérer pour s’orienter vers d’autres plaisirs, alourdit sa charge et le rend esclave de son outil de travail. Stress, épuisement, irritabilité, maladie, accident, sont  la litanie surprenante de cette « époque formidable ».

Il m’a semblé utile à l’occasion de cette nouvelle création de porter à la scène quelques textes aussi courts que percutants, d’auteurs contemporains qui dans leur style respectif écrivent à plusieurs mains l’histoire de l’homme d’aujourd’hui passant des soucis du travail, au choc du licenciement, à la recherche impossible d’emploi, à la misère morale et financière puis à la perte du domicile fixe et pour finir, au recours à la mendicité.

Chacun de ces auteurs a  préféré au style larmoyant, l’ironie et le rire vengeur issus de leur profond désespoir.

Il fallait un titre générique pour les réunir, ce sera :

« ETRE C’EST DU BOULOT ».

 

BOB39Ko

 

 

 

 

           

P  R  E  S  S  E     P R E S S E    P R E S S E

 

La Comédie Errante et la crise

Être... c'est du boulot

de l'ironie, de l'humour et de la dérision.

 

Le triste état de notre société a interpellé Bob Villette qui en a fait le thème de son dernier spectacle.

La Traverse avait pris des allures de cabaret ce vendredi pour accueillir le tout nouveau spectacle de la Comédie Errante « Être... C'est du boulot ».

Un public discipliné a quasiment rempli les places disponibles tant sur les gradins qu'autour des tables. Puis, se sont succédé dans un décor à la fois sobre et moderne les textes de Harold Pinter, Mathieu Vervisch, Frédéric Sabrou, Gilles Boulan et Jean­Jacques Devaux mis en scène par Bob Villette et tournant tous autour de cette crise dans laquelle notre société s'enlise de plus en plus. Point de hargne indigeste dans tout cela, mais plutôt de l'ironie, de l'humour, de la dérision qui ont fait passer les morceaux comme une lettre à la Poste, tant que la Poste existe !

Le spectacle commence dans un restaurant où le client dîne avec deux épées de Damoclés au­dessus de la tête. Il aura bien du mal à savourer son repas sous le regard courroucé de deux serveurs qui comptabilisent et analysent chaque bouchée avalée. Au fil du repas, ils parviendront tout juste à lui couper l'appétit en brandissant le glaive de la cirrhose et des méfaits du tabac.

Une usine en crise où le directeur et les employés ne partagent pas les mêmes ondes succèdent au restaurant avant de passer à l'entretien d'embauche mené par une secrétaire plus préoccupée par ses soins de manucure que par le sort du pauvre candidat qui lui fait face et qui sera finalement jugé sur ses goûts personnels et non sur ses capacités à tenir un poste.

La discrimination, raciale et autre, a ici été saluée par des applaudissements nourris. Viennent ensuite les scènes où le SDF tient le haut du pavé. Permettre à ces gens de quêter dans le métro ou sur la voie publique est-il un service à leur rendre ? Ne vaudrait-il pas mieux donner son argent à des ouvres charismatiques ? Le SDF diplômé et fils à papa ne convaincra pas le couple bourgeois qui considère qu'un SDF doit être « transparent, humble, misérable, reconnaissant » un zombie en somme. Quant à celui du placard, comparé aux cigognes, il reste avant tout un «exclu de l’amour » dans une société en manque de tendresse et de rire.

N'oublions pas ce texte où le racisme primaire est mis en avant au risque de voir notre société bien pensante taxer l'auteur d'iconoclaste ou le sketch portant sur un jeu concours télévisé présenté par un homme robotisé qui remettra au « plus malheureux » de quoi subsister jusqu'à la finale du concours.

Chaque sketch était ponctué par une musique un peu jazzy où pointait la même dérision que dans les textes. Dérision encore dans les costumes des personnages. sobres et efficaces comme le décor. Le jeu des acteurs était irréprochable et celui de Bob Villette semble, à juste titre, avoir été particulièrement apprécié.

LE  JOURNAL  D’ELBEUF  - octobre 2009


 

THEATRE

PERIPETIES  DE  LA  VIE

 

Jeudi 8 et vendredi 9, la Comédie Errante présentait à l'Espace Aragon sa nouvelle création :

Etre... c'est du boulot, ou les aléas de la vie qui frappent tout un chacun, sans prévenir.

Homme fortuné qui jouit de sa richesse dans la démesure d'un restaurant avant-gardiste, ou celui qui s'apitoie sur le sort d'un SDF, ou qui ridiculise le métier de DRH et le chercheur d'emploi, la situation burlesque d'une rencontre dans le métro entre deux anciennes relations, ceux qui théorisent sur l'euro symbolique gracieusement offert et qui donne bonne conscience quand il est si sincèrement donné... les aléas de la vie qui, mis en scène par Bob Villette prêtent à rire.

 

Quatre comédiens, Catherine Cazorla, Sophie Roussel, Pierre Philippe et Bob Villette font vivre sur scène ces chemins d'acteur si chers à Bob Villette.

 

Cinq auteurs pour une pièce, le pari est en lui-même difficile, cinq styles d'écriture différents, cinq situations plus ou moins cocasses, qui, par la magie du savoir faire de Bob Villette, font un scénario pour ce spectacle qui a ravi le public.

Le monde change, il évolue pour les uns ou régresse pour les autres, certains dénoncent, luttent se révoltent ou se satisfont d'un enrichissement. L'homme se construit, et être n'est pas toujours facile à vivre, être... c'est du boulot.

OISSEL hebdo - Octobre 2009

 

 

 

 

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