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La Comédie Errante et la crise Être... c'est du boulot de l'ironie, de l'humour et de la dérision.
Le triste état de notre société a interpellé Bob Villette qui en a fait le thème de son dernier spectacle. La Traverse avait pris des allures de cabaret ce vendredi pour accueillir le tout nouveau spectacle de la Comédie Errante « Être... C'est du boulot ».
Un public discipliné a quasiment
rempli les places disponibles
tant sur les gradins qu'autour
des tables. Puis, se sont succédé
dans un décor à la fois sobre et
moderne les textes de Harold Pinter,
Mathieu Vervisch, Frédéric
Sabrou, Gilles Boulan et JeanJacques
Devaux mis en scène par
Bob Villette et tournant tous autour
de cette crise dans laquelle
notre société s'enlise de plus en
plus. Point de hargne
indigeste dans tout
cela, mais plutôt de
l'ironie, de l'humour, de la dérision
qui ont fait passer les morceaux
comme une lettre à la
Poste, tant que la Poste existe !
Le spectacle commence dans un restaurant où le client dîne avec deux épées de Damoclés audessus de la tête. Il aura bien du mal à savourer son repas sous le regard courroucé de deux serveurs qui comptabilisent et analysent chaque bouchée avalée. Au fil du repas, ils parviendront tout juste à lui couper l'appétit en brandissant le glaive de la cirrhose et des méfaits du tabac. Une usine en crise où le directeur et les employés ne partagent pas les mêmes ondes succèdent au restaurant avant de passer à l'entretien d'embauche mené par une secrétaire plus préoccupée par ses soins de manucure que par le sort du pauvre candidat qui lui fait face et qui sera finalement jugé sur ses goûts personnels et non sur ses capacités à tenir un poste. La discrimination, raciale et autre, a ici été saluée par des applaudissements nourris. Viennent ensuite les scènes où le SDF tient le haut du pavé. Permettre à ces gens de quêter dans le métro ou sur la voie publique est-il un service à leur rendre ? Ne vaudrait-il pas mieux donner son argent à des ouvres charismatiques ? Le SDF diplômé et fils à papa ne convaincra pas le couple bourgeois qui considère qu'un SDF doit être « transparent, humble, misérable, reconnaissant » un zombie en somme. Quant à celui du placard, comparé aux cigognes, il reste avant tout un «exclu de l’amour » dans une société en manque de tendresse et de rire. N'oublions pas ce texte où le racisme primaire est mis en avant au risque de voir notre société bien pensante taxer l'auteur d'iconoclaste ou le sketch portant sur un jeu concours télévisé présenté par un homme robotisé qui remettra au « plus malheureux » de quoi subsister jusqu'à la finale du concours. Chaque sketch était ponctué par une musique un peu jazzy où pointait la même dérision que dans les textes. Dérision encore dans les costumes des personnages. sobres et efficaces comme le décor. Le jeu des acteurs était irréprochable et celui de Bob Villette semble, à juste titre, avoir été particulièrement apprécié. LE JOURNAL D’ELBEUF - octobre 2009 |
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THEATRE PERIPETIES DE LA VIE
Jeudi 8 et vendredi 9, la Comédie Errante présentait à l'Espace Aragon sa nouvelle création : Etre... c'est du boulot, ou les aléas de la vie qui frappent tout un chacun, sans prévenir.
Homme fortuné qui jouit de sa
richesse dans la démesure
d'un
restaurant
avant-gardiste, ou celui qui
s'apitoie sur le sort d'un SDF,
ou qui ridiculise le métier de
DRH et le chercheur d'emploi,
la
Quatre comédiens, Catherine Cazorla, Sophie Roussel, Pierre Philippe et Bob Villette font vivre sur scène ces chemins d'acteur si chers à Bob Villette.
Cinq auteurs pour une pièce, le pari est en lui-même difficile, cinq styles d'écriture différents, cinq situations plus ou moins cocasses, qui, par la magie du savoir faire de Bob Villette, font un scénario pour ce spectacle qui a ravi le public. Le monde change, il évolue pour les uns ou régresse pour les autres, certains dénoncent, luttent se révoltent ou se satisfont d'un enrichissement. L'homme se construit, et être n'est pas toujours facile à vivre, être... c'est du boulot. – OISSEL hebdo - Octobre 2009 |
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