ESSENCE  DE   FENOUIL

 

adaptation et mise en scène  de  Bob  VILLETTE  d'après

 

Raymond  QUENEAU

                 

avec

Evelyne  BOULBAR, Catherine CAZORLA, Agnès DEWITTE

Vincent DUBOS, Stéphan JONES et Bob VILLETTE

 

création musicaleJacques  PETIT et  Evelyne  BOULBAR

 

 a été créé  les 11 et 12 Octobre 2001  

à  l'Espace  ARAGON    d' OISSEL

C’est en 1978 que j’ai pour la première fois abordé l’œuvre de Raymond QUENEAU.

 

Bien que son écriture ne soit pas à priori théâtrale, j’avais été séduit par sa faculté à produire des images mentales, à réjouir l’esprit de celui qui l’écoute, à  parler du  monde de tous les jours au travers de ses échappées poétiques.

J’avais en cette année, réalisé un montage de textes choisis dans son œuvre poétique et dans quelques extraits de romans.

 

En 1980, après quelques semaines de répétitions d’une adaptation que j’avais faite du « Vol d’Icare », la chute de l’une des comédiennes lors d’une répétition, avait arrêté définitivement le projet.

 

En 1983, engagé comme comédien par FR3 dans un téléfilm d’une heure qui retraçait sa vie et son œuvre, j’interprétai le rôle de Raymond Queneau.

   

Aujourd'hui, il revient régulièrement à ma mémoire, au moment où je m’y attends le moins, tel poème, tel personnage ou telle situation de roman… Instantanément,  le sourire, l’émotion  monte en moi et me replonge dans l’univers inimitable de Queneau.

 

2002-2003 sera pour la Comédie Errante, une grande année Queneau.

 

J’ai choisi  pour titre à ce spectacle « Essence de fenouil » qui, à mes yeux du moins, reflète particulièrement bien,  son humour et son univers.

 

Le scénario  tiré de son premier roman "Le chiendent" intègre également un parcours à travers son oeuvre poétique.

 

J’ai proposé à Jacques PETIT, directeur de l’orchestre du Grand Turc, de travailler sur la musique du spectacle.

Enthousiaste, il a accepté et avec Evelyne Boulbar, a mis  en musique huit  poèmes chantés au cours du spectacle.

 

 

 

Bob VILLETTE.

QUENEAU 

Raymond      

(Né au Havre en 1903)

 

"Ma mère était mercière, et mon père mercier." Quoi d'autre?

- Une collaboration avec les surréalistes en 1929, rompue par une brouille personnelle avec André Breton.

- Un voyage en Grèce en 1932, qui lui révélera la différence qui peut exister entre une langue écrite et une langue parlée ("Y en a qui maigricent sulla terre...").

-           Plusieurs "petits­boulots" puis un métier fixe dans l'édition, qui lui permet de se consacrer à l'écriture.

-           1950, le collège de pataphysique,

-           1954, Directeur des Editions de la Pléïade,

-           1960, la fondation de l'Oulipo (Ouvroir de Littérature Potentielle).

-           Pour l'oeuvre, des poèmes, des romans, des chansons,... entre lesquels lui­même ne fera aucune distinction de genre mineur ou majeur.

 

-           Le 10 mars 1938, dans la revue "Volontés", Queneau prône dans un article "Richesses et limites", le "désencombrement". Nous croyons être riches de connaissances accumulées. En réalité, "la richesse intellectuelle n'est que pauvreté; elle cache une misère; elle n'atteint jamais l'ampleur d'un acte humain véritable." Une des raisons du dénuement réel que marque cette pseudo­richesse tient au phénomène de la mode.

"L'histoire de la culture occidentale ne se présente plus, ni comme une évolution continue, une série de progrès, ni comme un processus dialectique, une lutte de tendances aboutissant à des formes de plus en plus hautes, mais elle apparaît comme une incohérente succession d'engouements dont quelques uns n'arrivent pas à durer quelques mois, et de lassitudes, qui elles, sont bien définitives."

 

("La mode intellectuelle" in La Bête noire avril 1935.)

"Une autre bien fausse idée qui a également court actuellement, c'est l'équivalence que l'on établit entre inspiration, exploration du subconscient et libération, entre hasard, automatisme et liberté.

Or, cette inspiration qui consiste à obéir aveuglément à toute impulsion est en réalité un esclavage.

 

Le classique qui écrit sa tragédie en observant un certain nombre de règles qu'il connaît est plus libre que le poète qui écrit ce qui lui passe par la tête et qui est l'esclave d'autres règles qu'il ignore."

 

  Adepte des mathématiques, dont on retrouve certaines équations dans la marge de ses poèmes, Queneau construisait mathématiquement la structure de ses écrits, structure solide qui lui permettait alors la plus grande folie d'imagination.

Il est à comparer à Lewis Carroll, autre mathématicien et auteur célèbre, tous deux grands inventeurs de "mots­valises" et "mots­forgés".

 

  Prenez un mot prenez en deux

faites­les cuir' comme des oeufs

prenez un petit bout de sens

puis un grand morceau d'innocence

faites chauffer à petit feu

au petit feu de la technique

versez la sauce énigmatique

saupoudrez de quelques étoiles

poivrez et puis mettez les voiles (...)"

 

"Pour un art poétique (suite)"

   in Le Chien à la mandoline

 

PRESSE

LES AMIS DE VALENTIN BRÛ                              NOUVELLE SERIE N°26/27

 VOYAGES AU CENTRE DE L’ŒUVRE

LE   CHIENDENT   ENVAHIT   

LA   NORMANDIE

 Astrid Bouygues et Lotto Brillemiche

 Compagnie professionnelle créée en 1982, la Comédie Errante porte bien mal son nom : elle est en effet liée par conventions avec la ville de Oissel et la ville de Cléon où elle a implanté sa structure administrative. Mais qu’on se rassure : cela ne lui interdit pas les tournées, et encore moins les promenades dans la littérature contemporaine. L’une d’entre elles, et non des moindres, nous est ainsi rapportée avec enthousiasme par Lotto Brillemiche, notre envoyé spécial à Oissel pour la circonstance :

« Le 6 octobre 2001, en la bibliothèque de Oissel près de Rouen, la «Comédie Errante » a présenté un court extrait de sa pièce : Essence de Fenouil, d’après le Chiendent, adaptation de Bob Villette, conseillé par Claude Debon.

Puis Thieri Foulc commenta la projection de quelques vénérables images illustrant les relations du T. Satrape Raymond Queneau avec le Collège de Pataphysique. Le public bombarda ensuite de questions le Provéditeur Convecteur qui répondit de bonne grâce aux interrogations sur le Pourquoi et le Comment.

Quelques jours après, l’intégrale d’Essence de fenouil fut jouée à l’Espace Aragon devant un parterre ravi, appréciant surtout les poèmes mis en chanson : « Maigrir » (L’Instant fatal), « J’bicole je m’débrouille » (La Croqueuse de diamants), etc.

Les acteurs/trices sont épatants/tes, en particulier une dynamique Ernestine (Catherine Cazorla). Les anticléricaux primaires, dont je m’honore de faire partie, se réjouirent du Queneau bouffeur de curés (héritage de son parcours surréaliste ? (rupture en 1930 – Le Chiendent en 1933)) avec « l’abbé Leslaine », « l’enjuponné », « le goupillonneur » et « le ratichon » qui provoquaient des « Oh ! » et des rires nerveux parmi le public normand.

Si vous voyez cette Essence de fenouil à l’affiche près de chez vous, allez-y, moi j’ai passé une bonne soirée, dont la révélation finale fut que la porte bleue du père Taupe était une porte de WC. »

Le spectacle fut encore donné le 6 novembre 2001 à la Traverse, à Cléon. Mais l’aventure quenienne ne faisait que commencer pour la Comédie Errante. A l’Essence de fenouil devait en effet succéder Essence de Queneau, numéro un d’un cycle de trois ans de créations intitulé Paroles. Particulièrement destiné aux bibliothèques/médiathèques, aux CDI, aux comités d’entreprise et aux associations culturelles, Paroles est présenté comme une « lecture-spectacle » autour d’un thème ou d’un auteur choisi et annoncé longtemps à l’avance. Trois comédiens interprètent les textes retenus dans un environnement théâtralisé. Dans Essence de Queneau sont ainsi mis en voix et en scène des extraits de Chêne et chien, Saint Glinglin, Le Journal intime de Sally Mara, Exercices de style, Loin de Rueil, Le Dimanche de la vie, ainsi que des poèmes… Le spectacle a déjà été joué en mai à Cléon et à Elbeuf dans le cadre du Printemps des poètes. Pour un complément d’informations, rendez-vous sur le site http://www.comedie-errante.fr.st. Vous y trouverez des photos du spectacle et des coupures de presse locale, ainsi qu’un petit historique des rapports de Bob Villette à Queneau. On y apprend par exemple qu’il avait écrit une adaptation du Vol d’Icare en 1980 et qu’en 1983 il interprétait le rôle de l’écrivain sur FR3, dans un téléfilm qui retraçait sa vie et son œuvre. A en juger par la photo sur laquelle il imite l’une des célèbres grimaces queniennes immortalisées par le photomaton, cette interprétation devait être plus que convaincante !

 

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