Sacha    G U I T R Y

     3  pièces en  1 acte : 

-  Une paire de gifles

- Les desseins de la providence 

- Le renard et la grenouille

mise en scène      Bob VILLETTE

       avec : 

Catherine  CAZORLA,   Agnès  DEWITTE,

 Stéphan  JONES    et    Bob  VILLETTE

a  été  créé   les :   10-11 Octobre 2002 - Espace Aragon - OISSEL

GUITRY

   

« Jamais on ne célèbrera assez M. Sacha GUITRY comme auteur dramatique. Il a tous les dons : la facilité, la langue, le naturel, l’invention, la vérité, le renouvellement, la fertilité, la clarté, la sensibilité, l’observation, l’émotion, et l’esprit, l’esprit par-dessus tout,  l’esprit sans lequel l’intelligence n’est qu’une chose pédante, lente et monotone.

 

M. René Benjamin a eu bien raison de dire  qu’il est notre Molière. Il y a longtemps que je voulais le dire. J’hésitais. Est-ce bête ? Je savais  pourtant bien que je dirais juste. M. Benjamin n’a pas hésité. Il l’a dit. Il a dit juste.

 

Si le théâtre mis à part le théâtre lyrique, lequel n’est pas forcément le théâtre en vers, a pour objet d’intéresser en amusant, de faire rire en peignant la vie, de faire réfléchir en montrant les travers  et les ridicules, cela sans discours, sans tirades, sans photos, sans thèse, par le simple jeu des répliques et le caractère des personnages, avec clarté et vérité – et le vrai théâtre est cela sans conteste -, M. Sacha Guitry est le premier auteur dramatique d’aujourd’hui...

 

… Quant aux graves auteurs de pièces prétentieuses, qui le regardent sans doute avec dédain et le considèrent comme  un simple amuseur, je leur dirai ce que j’ai déjà dit bien souvent : il est autrement difficile  d’être simple, spirituel et amusant que d’être grave, discoureur et ennuyeux ... »

 

 

Je me garderais bien d’ajouter un mot à ce qu’écrivait Paul LEAUTEAUD en septembre 1922  dans la nouvelle revue française. Sacha Guitry sera donc, à l’affiche de la Comédie Errante et viendra rejoindre Eugène Labiche au rang des auteurs longtemps rejetés et pourtant si talentueux.

 

Sacha GUITRY, né à Saint-Pétersbourg, en 1885, de père comédien et de mère comédienne. Un frère aîné, Jean, avec lequel il fait les 400 coups, de pension en pension, dignes des « méfaits du tabac » de Tchekhov, son compatriote.

               Un père, Lucien Guitry, le fameux. De Lucien et Sacha, une photo célèbre, celle du père et du fils en habits de Pierrots, Sacha doit avoir 5 ou 6 ans, la chemise de Pierrot de son père sur le dos, les manches pendant jusqu’à terre. Père et fils oscillent entre admiration et rivalité. Une femme, que Sacha souffle à Lucien, des pièces, qu’il lui écrit. Comme l’ont fait père et mère, Sacha Guitry épouse et se sépare.  Quatre fois. Quatre comédiennes, dont celle avec laquelle le lien durera plus longtemps : Yvonne Printemps.

               Sacha Guitry écrit, joue, met en scène des pièces, réalise des films, et peint « pour épater » son père. C’est un feu de Bengale naviguant dans la sphère intellectuelle huppée, côtoyant Sarah Bernhardt, Georges Feydeau, Tristan Bernard, Réjane, Aristide Bruant, Alfred Jarry, Monet, Renoir, Paul Léautaud, Alphonse Allais, Pauline Carton, Arletty, Messager, …

               Il théorise, il cause, et quand il ne peut jouer, il raconte des histoires… Il expérimente les techniques au fil de leurs inventions : le cinéma parlant, l’inauguration des communications par TSF avec New York, inauguration de la téléphonie sans fil au cours d’un dîner de gala, utilisation de la radio pour la commande de prises de vue d’un film, télé-mise en scène pour les « 36 chandelles » de Jean Nohain,…

              

               Une hémorragie l’emporte, en 1957, comme s’il lui fallait une fois pour toutes, finir de se vider de sa substantifique moelle.

La  PRESSE

PARIS NORMANDIE  14/10/02

OISSEL – 

GUITRY SUR UN PLATEAU

 « Un régal ». « C’est très au point ». Les spectateurs présents, jeudi 10 et vendredi 11 octobre à l’Espace Aragon, ont longuement applaudi les quatre comédiens de la Comédie Errante dans trois pièces de Sacha Guitry. Les décors dépouillés à l’extrême et la mise en scène sobre de Bob Villette (en cardinal ou en bourgeois très convaincants), a placé hors du temps ces courtes pièces sur le mensonge, plus que sur la tromperie. Et donc, dans l’air du temps. Avec Catherine Cazorla, Agnès Dewitte et Stéphan Jones, Villette a mis en avant la verve et l’humour de Guitry. Et pas uniquement aux dépens des femmes. Même si, réplique finale, « les hommes qui aiment se payer le corps des femmes, n’aiment pas que les femmes se payent leur tête.

 

La  PRESSE

CLEON        Journal d'Elbeuf  11/08/2002

Villette – Guitry,

UN  PUR  BONHEUR

 C’est avec trois pièces peu connues en un acte que Bob Villette et sa Comédie Errante se sont attaqués à Sacha Guitry. Grand triomphe et bonheur d’une salle remplie, mardi soir à la Traverse.

Cela dit, Guitry, c’est tout un ton que les moins de trente ans ne peuvent pas connaître. Un ton ? Plutôt une intonation, une voix, un rythme dont Guitry acteur jouait à merveille puisqu’il était servi par lui-même en tant qu’auteur au théâtre, au cinéma et dans ses chroniques radio journalières avant et un peu pendant la guerre. C’est ainsi que le Maître – comme sa modestie aimait qu’on l’appela a tenu le devant de la scène au théâtre comme à la ville. On l’adorait ou le détestait mais il ne laissait pas indifférent. Son gigantesque et ironique ego ne l’eut pas supporté. Mort en 1957 à 72 ans, il a subi, comme bien des auteurs, un purgatoire immérité. Peut-être à cause de sa forte personnalité qui a marqué toutes ses œuvres. Qui a aussi marqué Bob Villette adolescent à la fin des années 60. « Dès ce moment, j’ai été plongé dans son œuvre, dit le directeur de la Comédie Errante. Sa finesse, son intelligence, ses « mots et pointes contre les femmes en particulier, contre l’homme en général, contre lui-même aussi et les bourgeois de son milieu dont il jouait le jeu sans en être dupe m’ont toujours enchanté. »

Donc dans le panthéon de Bob Villette, pas de purgatoire. Seulement la nécessité de se sentir en mesure d’aborder Guitry hors des modes et/ou rancunes des temps. Entre autre oublier son attitude pendant l’occupation. Il fit même quelques jours de prison à la libération, non pas pour collaboration, mais pour avoir oublié de ne pas jouer devant un parterre essentiellement nazi. D’autres, dans le spectacle (nous ne nommerons personne) ont fait pire sans que leur nom en soit noirci pour autant. Autre difficulté : la sulfureuse réputation de misogyne qui passait mal dans les années 70.

Cette saison, c’est avec trois petits bijoux en un acte : « Une paire de gifles », « Les desseins de la providence » et « Le renard et la grenouille » qu’hommage fut rendu à cet auteur. Un délice pour le public de la Traverse qui a savouré autant les mots du « maître » que le jeu des acteurs, Catherine Cazorla, Agnès Dewitte, Stéphan Jones et Bob Villette. A aucun moment M. Villette n’a cherché à faire du Guitry. Il connaît trop bien son art pour faire cette erreur. Mardi soir, on a retrouvé toute l’intelligence, le brillant des situations et des réparties de Guitry. « Elles restent tellement justes » ajoute Bob Villette. On y voit que les relations fondamentales entre hommes et femmes ne bougent pas derrière la façade mouvante des époques. On réalise aussi que, derrière la fameuse misogynie de Guitry se cache une profonde misanthropie et que les hommes en prennent autant que leurs compagnes. On parle du jeu de mensonge, base des pièces du cher Sacha, mardi, les yeux plus décillés on y a surtout vu le jeu de la mauvaise foi lucide et de la manipulation, maladie incurablement humaine s’il en est.

Enfin, autre coup de chapeau à Bob Villette qui a su prendre le risque, entre chaque pièce, de nous faire entendre l’inimitable voix de Guitry parlant de lui-même. Beau culot qui, au lieu de nous faire décrocher, nous mettait encore plus dans l’univers de Monsieur Guitry tel que Monsieur Villette l’a vécu et nous le fait vivre. Longue vie à ce spectacle. On aime bien croire que le bonheur dure. Avec la Comédie Errante on a cette douce illusion.

 

La  PRESSE

CLEON     11/08/2002

PARIS NORMANDIE 

BOB    VILLETTE    PRESENTE                DES      PIECES                  DE GUITRY

La salle était comble à la Traverse ce mardi pour la représentation de trois pièces de Guitry : Une paire de gifles, Le renard et la grenouille, Les desseins de la providence, mis en scène par Bob Villette, comédien et metteur en scène de la Comédie Errante.

Le succès est dû à l’esprit, mais surtout à une interprétation qui a donné toute sa saveur aux jeux des répliques et du caractère des personnages.

« Les trois pièces mettent  en scène deux hommes, deux femmes, dont l’activité principale est de mentir. Il n’est pas meilleur menteur que celui qui sait que l’autre ment. C’est comme une partie de bluff, dont le public lui-même est un joueur. La représentation théâtrale, dans son rapport entre comédien et public, comporte cette ambiguïté. Le comédien ne ment pas. Il présente juste sa version de la vérité, partageant avec le public, l’histoire telle que chacun des partenaires souhaite l’entendre ».

Un succès que Bob Villette a partagé avec les comédiens fidèles de la Comédie Errante : Catherine Cazorla, Agnès Dewitte, Stéphan Jones. Le public a longuement applaudi satisfait d’avoir bien ri.

 

 

 

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