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P R E S S E
25 ANS FETES AVEC HOROVITZ
Vendredi et dimanche derniers, deux pièces très caustiques sur la société américaine, mises en scène par Bob Villette, ont été jouées à l'Espace Aragon. L'une est un monologue, Cat Lady, joué, pour une première en France, par Agnès Dewitte. L'histoire d'une femme, que l'on suppose âgée et qui se souvient de moments importants de sa vie, ses mariages, ses divorces, la mort de ses maris, de ses enfants, l'apparition et la disparition de son chat et sa propre mort, écrasée par un bus, peut-être, du moins peut-on l'imaginer, conduit par un défunt mari... Agnès Dewitte y est surprenante par l'intensité dégagée de sa façon de jouer Cat Lady. John a disparu, titre de la seconde pièce, un 11 septembre 2001 à New-York dans les tours jumelles. Disparu, pulvérisé par la masse d'acier, de verre et de béton qui s'écroule. Un drame mondial, le drame vécu au quotidien par une épouse et une fille, veuve et orpheline de John. Tout fait référence au disparu, joué par Bob Villette, une vie de couple mouvementée, un secret de départ, de rupture, partagé avec sa fille, Sophie Roussel, et une femme remplie de doutes, Catherine Cazorla, qui ne saura jamais si elle a été réellement trahie par son mari à qui elle parle des nuits entières. Des croyances avec l'éternel, comme ce petit garçon d'un collègue aussi disparu, qui envoie des messages par ballons à son père qu'il pense au ciel. Et la réalité très terre-à terre de la jeune fille qui s'inquiète de l'attitude de sa mère, de son devenir, de sa santé mentale... Une pièce d'aujourd'hui, qui bien au-delà du drame du 11 septembre, évoque la perte d'un être cher, les secrets familiaux, la vie d'un couple... A l'issue de la représentation de ses créations par la Comédie Errante, Israël Horovitz partageait un grand moment chaleureux et amical avec le public. A partir de sa propre expérience et de celle de proches, il faisait part des émotions et de son investissement personnel à travers la création des textes montrant notamment l'impuissance à protéger ses enfants devant de tels événements, II se prêtait ensuite volontiers à la signature des autographes et aux questions que nous lui avons posées.
Israël Horovitz, vous venez d'assister à la mise en scène de deux de vos pièces par la Comédie Errante. Qu'en pensez-vous ? Bob Villette est quelqu'un de talentueux et en qui j'ai toute confiance pour son travail de mise en scène. Un texte se traduit, une mise en scène se traduit également pour le public, une fois de plus Bob a réussi cette adaptation pour son public.
Vous étiez déjà venu en 1997 à Oissel, vous assistez régulièrement aux présentations de vos pièces ou est-ce exceptionnel ? C'est la 4° fois que je viens à Oissel. Je viens régulièrement en Europe, en Chine... partout où sont jouées mes pièces mais Bob Villette est un ami et j'aime venir particulièrement ici à Oissel. Je suis moi-même issu d'une ville de la même grandeur qu'Oissel et je m'y sens comme chez moi.
Avez-vous d'autres projets avec la Comédie Errante ? Oui en octobre prochain, Bob Villette et la Comédie Errante présenteront une autre de mes pièces intitulée "Compromis" où il sera question d'un chercheur scientifique partagé entre faire don de sa découverte au monde ou monnayer son travail. Cette pièce n'a encore jamais été présentée en France. Après, il n'y a pas encore d'autres projets d'arrêtés, cela reste de la prérogative de Bob mais je sais que cela arrivera ! En guise d'au revoir, Israël Horovitz a adressé un "Grand merci à Bob et à la Comédie Errante. C'est toujours un plaisir de rendre visite à Oissel et bonne chance aux élèves de Bob Villette", qui préparent une surprise le 29 juin prochain pour continuer la célébration des 25 ans de la Comédie Errante.
OISSEL Hebdo 23 mars 2007
CULTURE THEATRE : 25 ANS DE LA COMME ERRANTE ENCORE UNE NOUVEAUTE Les spectateurs ont pu savourer un grand moment de théâtre militant, qui va si bien à Bob Villette et aux membres de la Comédie Errante. Un texte contemporain, d'Israël Horovitz, parlant de recherche médicale, du marché pharmaceutique, de la mondialisation, de la misère des peuples d'Afrique, de leurs problèmes de santé, et de l'exploitation d'une découverte médicale de très haute importance, mis en scène pour la première fois en France par Bob Villette. Pour ces 25 ans, Israël Horovitz a offert trois pièces : Cat Lady, John a disparu, déjà jouées en mars à Oissel et rejouées en première partie ce dimanche, et Compromis. Comment un chercheur Newyorkais, qui vit en vase clos, avec ses problèmes quotidiens, une ex-épouse alcoolique, une fille recluse qu'il ne voit que très rarement et avec laquelle il communique par Internet, une bonne, noire, dont on sent l'importance dans l'organisation de la maison et son fils que le chercheur considère comme son propre enfant, peut trouver suffisamment de sérénité pour découvrir l'alchimie moléculaire d'un médicament qui permettra de sauver des milliers d'êtres humains et pour ne pas céder aux appels séduisants de millions de dollars en vendant sa trouvaille à des laboratoires qui produiront des bénéfices colossaux en vendant ces médicaments ? Israël Horovitz dénonce là une mondialisation et un système médical qui se mettent aux services des plus riches pour engranger des profits qui ne seront pas redistribués aux plus nécessiteux. Bob Villette excelle dans ce théâtre militant qu'il défend depuis 25 ans, un théâtre qui dénonce, accuse et qui appelle à la réflexion. OISSEL Hebdo le 12 Octobre 2007
CLÉON – Le théâtre d'Horovitz Le grand marathon de la Comédie Errante
Il ne fallait pas manquer d'audace pour présenter au public trois pièces de théâtre en un même soir. Un défi réalisé avec succès à Oissel la semaine précédente, par l'équipe de Bob Villette, qui a remis le couvert ce vendredi soir, à La Traverse.
Parler des pièces d'Horovitz n'est jamais simple. Ses pièces ont l'air de plaire au public français, mais son humour caustique et sa dérision sont si présents au long de ses oeuvres, que l'on se demande parfois où sont les limites de la fiction et de la réalité. En tout cas, Bob Villette et son équipe -Agnès Dewitte, Catherine Cazorla, Sophie Roussel et Thibault Léger savent à la perfection en restituer l'esprit, et c'est bien ce qui a plu au public, vendredi. Les chats ont sept vies, dit-on, et «Cet Lady n'est pas si loin du compte. Six maris et un premier enfant mort-né, une grande accidentée de la vie. C'est dur de ne pas' broyer du noir quand tout est toujours gris », dit-elle, qui aura de son dernier mari deux jumeaux et trois triplés... ainsi qu'un chat à la mort de celui-ci. C'est dans un accoutrement outrancier de grande blessée qu'elle pérore, en appelant régulièrement Minou. « John a disparu le 11 septembre 2001 et on a jamais retrouvé le corps de Papa ». Histoire improbable qui narre au jour le jour un semblant de vie retrouvée autour d'un être virtuel plutôt détestable de son vivant, rapportant des souvenirs communs entre une mère et sa fille, au point de se chamailler entre elles, et John est encore présent, dans l'au-delà, pour répondre aux questions nombreuses des deux femmes. « Mais comment puis je faire ça, t'aimer et te haïr à la fois », dit la fille, et la réponse du père, « mais tout le monde fait ça ». Dernière création de Bob Villette, «Le compromis» dénote autant d'humour sarcastique, et cela d'autant plus qu'il se passe dans le milieu de la recherche. On peut tout autant s'y enrichir qu'y être désabusé très vite, tout tient au simple fil ténu du sens accordé à sa propre vie et à celle des autres. Et justement, le grand savant ne parviendra jamais à prendre une décision pour commercialiser sa découverte, renvoyant une fois encore au public comme à ses proches, ses grands idéaux inaboutis et ses petites mesquineries quotidiennes. Sans en avoir l'air, il fait montre d'un égocentrisme exacerbé, finalement plus courant qu'on ne le croit, chez l'être humain, que nous sommes tous. Alors, que penser de cette soirée théâtrale marathon de quatre heures et demie, avec entracte ? Reconnaître tout d'abord la performance des acteurs, fruit d'un travail de longue haleine, de même que la sobriété et la modernité des décors, où l'informatique s'incruste, dans «le compromis», en acteur supplémentaire. Le théâtre de la Comédie Errante a su accrocher son public, une fois encore.
Journal d’Elbeuf 16 octobre 2007
BARENTIN
Au théâtre Montdory -Soirée marathon avec la Comédie errante
Depuis 1995, Israël Horovitz a offert à Bob Villette de créer en France plusieurs de ses textes. Pour ce marathon théâtral, la Comédie Errante est venue interpréter au cours du même soir trois nouvelles pièces : Cat Lady, John a disparu et Compromis.
Dans Cat Lady, Agnès Dewitte y campe une centenaire, une sorte de Dark Vador clownesque se déplaçant à l'aide de son déambulateur, qui au cours de sa vie a enfilé les maris comme d'autres les perles, et elle recherche désespérément son chat. Mais, y a t-il eu vraiment un chat ? Suivait John a disparu avec Catherine Cazorla, Sophie Roussel et Bob Villette, où, sur fond de 11 septembre 2001 à New York, Horowitz montre que le poids des secrets familiaux reste toujours très lourd, même longtemps après la mort. Après le repas, Bob Villette et son équipe constituée de Catherine Cazorla, Agnès Dewitte et Thibault Léger, servit un Compromis qui met en scène un chercheur, à quelques heures de valider une recherche pharmaceutique déterminante pour le monde médical, s'interroge sur l'opportunité philanthropique de faire don de sa découverte au monde, ou bien, pour une fois dans son existence, de penser à soi, à ses proches, et de monnayer enfin le travail d'une décennie. Un « compromis » entre l'argent qui fera le grand bonheur de quelques proches, ou faire don de sa découverte, qui servira l'humanité. Le tout dans une mise en scène originale et une interprétation énergique arrivant à bien cerner les nouveaux rapports humains qui se nouent, non plus de vive voix, mais par l'intermédiaire des claviers d'ordinateurs, écrans et autres webcams. Commencer une soirée théâtrale à 18 heures pour la terminer à 23 heures était un pari risqué, mais ce fut un pari réussi.
Paris Normandie Octobre 2007 |
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