Un mouton à l'entresol

accompagné de :

Le misanthrope et l'Auvergnat

d' Eugène  LABICHE

 

 

 

 

Depuis le temps… il me fallait bien un jour, consacrer un spectacle à Eugène. Auteur bourgeois, pilier du vaudeville, champion du  « ciel, mon mari ! » ou du « m’a-t-il vu ? » grand employeur de « nègres »  pour écrire ses pièces… être décrié à ce point, c’est trop pour un seul homme me pensai-je…

C’était dans les années 60 commençantes, j’étais adolescent et mon premier spectacle théâtral alors (ah ! Le pouvoir du théâtre sur les jeunes esprits…) était une pièce de LABICHE, au petit théâtre de Rouen, chez Robertys …  j’ai dû en garder un souvenir lointain, mais tenace. Le bouleversement des années 68 venant se superposer en moi à une profonde culture « de gauche », le théâtre d’Eugène s’est vite retrouvé dans ma bibliothèque au rayon des auteurs réactionnaires « à éviter, surtout à éviter ».

Le temps et la curiosité (surtout à forte dose) bousculent bien des règles établies…

Un auteur pourvu de tant de défauts ne peut pas être foncièrement mauvais…

Il m’a fallu regarder de plus près.

Quelle magnifique mécanique ! Pas un mot de trop, chaque événement arrive exactement au moment opportun, en souplesse, comme par magie, les éléments du puzzle se mettent en place, entrent en résonance et nous emmènent en douceur vers le dénouement … du bel ouvrage !

Bertold BRECHT disait : « Au lieu de chercher à donner de l’esprit à vos personnages, placez les dans une situation qui leur en donne ». Un siècle auparavant LABICHE l’avait bien compris. Je reste toujours très admiratif devant cette mécanique d’écriture si parfaitement huilée qui met à chaque seconde en lumière les contradictions des personnages, devant la peinture qu’il fait de ce monde bourgeois qui est le sien, sans pitié pour personne, ni pour les valets ni pour les bourgeois, tous aussi affreux que sales et méchants.

J’ai choisi d’extraire de cette œuvre immense, deux pièces en un acte, l’une comme un exemple de la perfection de sa construction : « Un Mouton à l’Entresol » et l’autre pour l’intérêt de son propos et du clin d’œil à son illustre prédécesseur, Molière : « Le Misanthrope et l’Auvergnat ».

 

 

 

 

"être  décrié  à  ce  point, c'est  trop  pour  un  seul  homme"

mise en scène

décors/lumières

Bob VILLETTE

 

avec

Catherine CAZORLA

Agnès DEWITTE

Stéphan JONES

Frédéric SEINTIGNAN

Bob VILLETTE

 

Créé en Octobre 2000

à  OISSEL

 

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