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de Frédéric SABROU |
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mise en scène
Bob
VILLETTE |
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avec
:
Catherine
CAZORLA,
Agnès DEWITTE,
Alexandre FOURNIER,
Stéphan JONES et Bob VILLETTE |
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07 |
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DANGER... PUBLIC...
Si j’avais très envie pour cette
saison de mettre en scène une pièce du répertoire contemporain, j’avais
aussi très envie de parler du rapport qu’entretient le THEATRE avec le
monde d’aujourd’hui, voire même avec les questions dites
« d’actualité »…
La lecture du texte de Frédéric
SABROU a brutalement résonné en moi comme le son de l’évidence : il est
indispensable de porter à la scène cette parole d’aujourd’hui et ceci,
au plus tôt…
« Danger… public »
Une pièce sur le
monde du théâtre face à la montée de
l'extrême droite ?
Une pièce sur la responsabilité de
l’artiste et sur son engagement ?
Une pièce sur…
L’auteur lui-même, répond dans une
rencontre avec Gilles Costaz :
« Je me suis souvenu des problèmes qui ont surgi à Châteauvallon et à
Toulon, raconte SABROU.
J'imaginais des confrontations de personnages. Puis j'ai lu dans un
journal ce qui était survenu à Michel Vinaver
:
le Front national voyait dans son théâtre des valeurs « nationales » et le revendiquait
comme un auteur représentant
la France rêvée par ce mouvement. La situation
était cruelle, puisque Vinaver est aux
antipodes du FN et a réagi violemment.
Mais je me suis mis un peu à sa place et j'ai voulu mettre cette situation
au théâtre. J'ai eu l'idée d'une équipe confrontée au problème
d'accepter ou de refuser un public présumé d'extrême droite une heure
avant le lever du rideau. Et d'une
pièce dans le respect des trois unités, avec ce qu'on appelle
dans le langage du cinéma un
time-lock, une lutte
contre le temps. Avec une palette de
personnages ayant chacun des points de vue différents, j'ai entrepris
de construire cette "
pièce coulissante
"
».
Les personnages de
Danger... public
sont apparus rapidement
:
« J'ai
donc fait vivre trois comédiens et un
auteur/metteur en scène qui participe à
la production du spectacle. Je les ai
mis dans une bouilloire. J'ai hésité à
mettre un personnage noir ou arabe.
Finalement, j'ai introduit un régisseur arabe mais il exprime sa
condition. Je voulais que les personnages principaux s'impliquent
dans ce conflit sans être touchés eux-mêmes par le racisme. Je ne
tiens pas à débattre de grands thèmes mais à mettre les personnages face
à leur pseudo-conscience politique, à
leurs limites et à leurs contradictions ».
L'écriture a été difficile.
« J'étais tout le temps sur le fil.
Il ne fallait pas asséner de messages, il fallait poser les bonnes
questions sans apporter de
mauvaises réponses. J'ai affronté des problèmes redoutables,
je suis parti sur la fausse piste de situations affectives. J'avais
développé le conflit du
couple Hélène-Serge, mais cette scène de ménage débordait sur les autres
scènes. J'ai supprimé toute une deuxième partie,
j'ai recentré sur l'interrogation
: doit-on jouer ou ne pas jouer
? Cette
question en entraîne une autre
:
y a-t-il une éthique du comédien
? »

Le sujet est brûlant et concerne tous ceux qui touchent de près ou de
loin aux professions du spectacle. Dès que Sabrou en parle autour
de lui, les gens se passionnent et
prennent position…
En enlevant les actions secondaires
pour rester sur ce volcan central, Sabrou a rendu plus évident l'enjeu de sa pièce: « La
grande question, posée de
façon ironique, c'est l'engagement. L'engagement ne
change pas nécessairement la face du monde et peut être illusoire.
Surtout, quel prix est-on prêt
à payer pour son engagement ?
Hélène pose cette
question.
J'admire les gens militants et je
prends part à des manifestations.
Mais le vrai prix à payer est
essentiel. Va-t-on aller jusqu'à perdre son travail et se retrouver à
l'ANPE ? Mes personnages, eux, cèdent tous. »
Cela renvoie à des problèmes plus
généraux et, en tout cas, à la place de l'acteur dans notre
société :
« J'ai failli titrer
:
les comédiens ont-ils leur mot à
dire ? Ce sont des
personnages publics qui ont pris une importance considérable.
On leur attribue la pièce ou le film où ils jouent. À la télévision, les
réalisateurs et les scénaristes n'existent pas. On ne les invite pas,
surtout pas les scénaristes.
Les acteurs sont en première ligne, de façon un peu injuste. »
La pièce de Frédéric Sabrou ne
s'achève pas tout à fait. A-t-il hésité entre
plusieurs formes de conclusion
? « Si les comédiens ne jouent pas,
est-ce que c'est si grave
?
dit l'auteur. Le public peut
repartir pour aller au restaurant
ou au cinéma. Et ces trois cent cinquante personnes sont-elles vraiment
des partisans du FN
? On ne le saura pas. Il y
avait deux fins possibles. Ou
les acteurs ne jouent pas, et c'est politiquement correct. Ou ils
jouent, et cela ferme le
débat. Le plus intéressant est de laisser ouvert et de poser la question
à chacun : qu'est-ce que vous feriez vous, à leur place ?
»…
Mais, à laisser le message ouvert, à
déchiffrer par chacun, l'oeuvre ne
perd-elle pas sa force de frappe
politique ?
« Il faut bien comprendre que
ce n'est pas une pièce sur Le Pen et
le Front national, répond Sabrou. Elle
pourrait se passer partout en Europe.
Il y a une montée des nationalismes
en Occident, qui est très
inquiétante. La pièce n'est pas contre Le Pen, mais
contre cette résurgence des
nationalismes. »…

« Pourquoi un
auteur aurait-il une pensée à exprimer
?
Dans la pièce, Serge dit :
"Des
messages, je n'en laisse que sur les
répondeurs". Puis il précise qu'il n'est
qu'un raconteur d'histoires, qu'il veut montrer et non pas démontrer. Ce
n'est pas tout à fait ce que
je pense. Pour moi, l'auteur doit trouver, pour sa
pièce, une bonne situation. S'il a aussi une bonne histoire, tant mieux.
Si la situation s'inscrit dans
un thème, tant mieux. Un auteur est un artisan fabriquant
un objet qui fonctionne. Il résout des problèmes techniques. S'il y a
un thème, celui-ci nourrit la
situation sans que ce soit une pièce sur ce
thème. La tendance à demander: c'est
sur quoi ?
m'irrite. Ce "quoi
?" n'est pas nécessairement l'objet
de la pièce. » G.Costaz
Frédéric SABROU détient une
« vraie parole » d’aujourd’hui, et, dans son fond et, dans sa forme…
La mise en scène de ce texte devra
permettre d’établir entre l’acteur et le spectateur « le courant »,
cette forme particulière de l’émotion que seul le spectacle vivant peut
établir dans un même lieu, dans un même temps, celui de la
représentation théâtrale. |
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P R E
S S E
version 2005 / 2006
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LE
JOURNAL D'ELBEUF
CLÉON - LA COMÉDIE ERRANTE À LA
TRAVERSE
Jouer ou ne pas jouer... trouvez
votre réponse
Avec Bob Villette et sa compagnie, on ne
voit jamais le temps passer. La qualité du jeu et du choix des
spectacles sont assurés. Donc, pas de changement, vendredi soir avec la
nouvelle pièce, « Danger... public », une oeuvre de Frédéric Sabrou. Le
bonheur était aussi bien dans la salle que sur scène.
Le thème est on ne peut plus à l'ordre du jour. Que faire
quand on se trouve récupéré sans savoir pourquoi par le Front national ?
Jouer ? Ne pas jouer pour un public d'extrême droite ? Grave dilemme
joué et traité avec finesse. Ne pas attendre de réponses tranchantes ni
de leçons de morale ou de pathos politique. Au public de trouver sa ou
ses voies s'il le peut dans un monde où tout n'est plus tout blanc ni
tout noir. Le texte, comme le jeu des comédiens évitent les clichés, les
répliques mélangent humour, ironie au sérieux du propos. Le tout avec
légèreté même quand les deux comédiennes, jouées par Agnès Dewitte et
Catherine Cazorla, s'obstinent dans la rigidité d'un non catégorique qui
finit par ressembler à l'intransigeance du public qui leur répugne. En
fait, pendant cet affrontement, cette décision à prendre avant le lever
du rideau, chacun des protagonistes, de l'auteur metteur en scène
(interprété tout en nuance par Bob Villette) aux acteurs, au régisseur arabe , tous
excellents, se trouvent confrontés à l'éternelle question du rôle du
comédien donc du théâtre, de l'art dans la société. Entre temps on a
droit à des répliques délicieuses quand chacun cherche ce qui a bien pu,
dans la pièce qu'ils doivent jouer "Le jardin des regrets », déclencher
l'enthousiasme du FN. Et si c'était « tous ces nuages, ils feraient bien
de retourner d'où ils viennent... C'est peut-être des nuages immigrés ?
» ou encore : « Nous voilà devenus des enfants de Pétain » «Cette pièce
est sur la nostalgie... la nostalgie, c'est un peu une critique des
déviations modernes, non ? » L'auteur metteur en scène, pas heureux
d'être récupéré, mais devant faire face à des problèmes financiers se
montre à la fois philosophe et manipulateur finaud : « Si on ne joue
pas, ils ne se remettront pas en question, ils iront au cinéma. Ils
enrichiront Hollywood... » Même quand l'un des comédiens dit : « on ne
va pas faire de la ségrégation, on leur ressemblerait », aucune solution
n'est imposée. Le texte comme le jeu de la troupe laisse au spectateur
le soin de se questionner et bien malin qui trouvera une réponse
définitive. Seule certitude, nous avons eu droit à un beau spectacle.
Les nombreux rappels l'ont prouvé. Bravo à tous et comme « Danger...
public » ne va pas manquer de tourner dans la région et souhaitons le,
plus loin, il nous reste un espoir, que la troupe revienne sur une scène
de l'agglo pour retourner nous régaler du grand talent de chacun et de
l'auteur. Il est des spectacles qu'il faut voir plusieurs fois pour en
savourer toutes les subtilités. Celui-ci en fait partie.
Andréa TURQUETIT |
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Oissel Hebdo
«Vive le théâtre»,
s'exclame un vieux monsieur alors que Frédéric Sabrou,
l'auteur de la pièce, rejoint les spectateurs au premier
étage de l'Espace Aragon. «Danger...
Public» vient d'être joué par la Comédie
Errante, pour la deuxième fois, ce dimanche
après-midi. Un sujet d'actualité,
«avec des
situations
que nous avons
vécues ma femme
et moi», raconte Frédéric
Sabrou. L'histoire d'une petite troupe de théâtre,
comme il en existe de nombreuses, qui
vivote, avec beaucoup de certitudes, d'interrogations et peu, très peu de moyens financiers.
Un soir, elle se trouve confrontée à
une salle pleine de
spectateurs... d'extrême droite qui ont lu une bonne critique de leur
pièce dans un hebdomadaire nationaliste.
Doit-on jouer ?
Les comédiens
sont partagés
entre leurs convictions
humanistes et leurs
besoins matérialistes.
Boris
:
«En plus, j'ai pas
mes
507 heures
pour les Assedic».
L'une d'elles, Julie, a même cru apercevoir
ses parents dans la salle, avec lesquels elle est
fâchée, depuis cinq ans, car elle voulait devenir
comédienne.
Si le sujet est grave, «Danger... Public» est
une comédie qui mêle situations scabreuses,
sérieuses et amusantes. L'auteur est un spécialiste
du genre : «j'écris
sans arrêt, des pièces, des histoires pour
enfants, des sitcoms pour adolescents, des scénarios pour la série
«Père et maire», diffusée sur France 2.
sont des manières d'écrire très différentes les
unes
des autres mais si certaines sont très
contraignantes, notamment pour
la télé, elles sont aussi
très enrichissantes.» Frédéric
Sabrou semble enchanté de l'interprétation
des comédiens.
«Je retrouve mon
texte qui est ici mis en valeur.
Bob
Villette a
parfaitement compris
le sens
de cette
pièce. »
«Danger... Public» est actuellement joué par
d'autres comédiens, à Paris et y remporte un
vif succès, plus de
250
représentations, et une
bonne critique :
«Un texte rare, à ne
rater
sous
aucun prétexte», écrit
Zurban, «Une réflexion individuelle qui dépasse le
cadre du théâtre»,
France 3. Le public de
l'Espace Aragon, parmi lequel Roger Lefebvre, adjoint aux affaires
culturelles, et de nombreux élus,
est enchanté par la prestation de Bob Villette, d'Agnès Dewitte,
de Catherine Cazorla, et d'Alexandre
Fournier.
Il sera debout pour les
applaudir lors du salut de la première.
La Comédie Errante jouera «Danger...
Public» les 29
et 30
octobre à la fête de
l'Humanité, au parc des expositions de
Rouen et le 5 novembre
à Cléon.
Pour tout renseignement : 02
35 78 05 75.
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PARIS
NORMANDIE
Une
réflexion salutaire
face à l'extrême-droite
Un sujet difficile traité avec humour et
fantaisie par Bob
Villette et
les comédiens de la Comédie errante
Un public nombreux est
venu à La Traverse
assister à la
représentation de
«Danger...
Public ». Une
pièce de Frédéric Sabrou, mise en scène par
Bob Villette
et interprété par la troupe
de la Comédie errante.
Les comédiens
Catherine Cazorla,
Agnès
Dewitte, Alexandre Fournier,
Bob Villette ... ont mis
tout leur talent pour évoquer
un sujet grave, la
responsabilité
de l'artiste et son engagement
vis-à-vis de la société.
« Danger...
Public... » c'est
l'histoire d'un groupe d'acteurs
qui se retrouvent
devant un choix
terrible, jouer devant un public composé
principalement de spectateurs d'extrême-droite.
Difficile, d'autant que la
salle s'annonce remplie
comme jamais.
Un
cruel dilemme pour les
artistes, mais traité avec une
légèreté de mise en scène et de
jeu,
qui servent avec talent un
texte qui lui soulève bien des
interrogations. Des interrogations,
des doutes, des questions et des remises en cause traitées
avec humour et fantaisie pour
donner plus de force à la
réflexion, une réflexion
salutaire.
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